Les aires de covoiturage ou l’avenir de la mobilité collaborative

Les aires de covoiturage ou l’avenir de la mobilité collaborative

Le covoiturage, mode de transport alternatif en développement 

Depuis 2000 et l’instauration des Plans de Déplacements des Entreprises ou des Administrations, de nombreuses collectivités ont apporté leur contribution au déploiement du covoiturage sur le territoire français.

Reconnu comme un mode de transport alternatif à l’autosolisme, voire au transport collectif dans certaines zones, le covoiturage de courte distance (inférieur à 80km) peut être appréhendé comme une solution efficace et économique aux problématiques de la mobilité qui touchent les collectivités. Cela, à condition qu’il soit soutenu par des infrastructures rationnelles et performantes.

Si la majorité des Français ont déjà entendu parler de plateformes de covoiturage comme Blablacar, ils ne sont que 3% à utiliser ces applications lorsqu’ils covoiturent. D’après une étude de l’ADEME, la plupart des individus qui pratiquent le covoiturage de courte distance sont des actifs qui forment des équipages parmi leurs collègues ou avec des individus travaillant dans la même zone qu’eux.

Dynamiser le covoiturage ne passe donc pas seulement par la mise en relation virtuelle d’un conducteur et d’un passager, mais bien par l’instauration d’un lieu de rencontre physique. Ainsi, le développement d’aires de covoiturage sur l’ensemble du territoire est une mesure phare de la transition modale. Plusieurs régions en France et à l’étranger ont mis en place des dispositifs qui s’apparentent de près ou de loin à des aires de covoiturage.

 

L’aire de covoiturage : un lieu de rencontre physique pour le covoiturage

Dans le cadre d’une politique de covoiturage, l’aire de covoiturage semble être une constante essentielle au bon développement du processus.

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Les aires sont ainsi des lieux de rencontre privilégiés en dehors des domiciles de chaque covoitureur.

Un covoiturage sur quatre s’effectue à partir d’une aire de covoiturage.

Elles permettent aux passagers de stationner leur véhicule (s’ils y ont recours pour se rendre au lieu de rendez-vous) et cela ne représente en moyenne que 3 minutes d’allongement (soit 2 km) du temps de parcours habituel du conducteur.

 

Un moyen élémentaire qui défie les technologies

Les aires de covoiturage permettent également de pallier aux défaillances de la technologie. Si la plupart des applications de covoiturage sont équipées d’un système de géolocalisation ou de mise en contact automatique, les utilisateurs sont nombreux à déplorer les « bugs » technologiques qui rendent alors plus difficile la rencontre entre covoitureurs. Nul besoin de recourir aux outils technologiques pour covoiturer avec praticité. Plus encore, contrairement aux technologies, les aires de covoiturage ne sont pas exclusives et permettent à ceux qui en ont le plus besoin de se déplacer.

 

Un instrument de la mobilité à coût réduit

Pour les pouvoirs publics comme pour les entreprises, l’usage de ces aires est un enjeu majeur pour combattre l’engorgement des villes et particulièrement des zones de stationnement. Aussi, en Loire-Atlantique, la mise en place d’un réseau maillé d’aires de covoiturage a permis non seulement de promouvoir le covoiturage comme un mode de mobilité, mais également de réduire les stationnements sauvages.

Par ailleurs, les aires de covoiturage ne représentent qu’un investissement limité au sein de la politique de mobilité. Dans la région de l’Arc Jurassien, le montant de l’aménagement des aires de covoiturage s’élève à 110 000 euros ce qui correspond à 26% environ du coût total de la mise en place du projet de covoiturage. Une alternative plus économique encore consiste à réhabiliter d’anciens parkings, comme c’est le cas pour 60% des aires en Loire-Atlantique, voire réserver des places de parking en service. Afin de développer la pratique, certains parkings appelés « parkings relais » vont même jusqu’à offrir le stationnement aux conducteurs-covoitureurs de plus de deux passagers.

 

La nouvelle forme des aires de covoiturage

Proches des aires de covoiturage, les « points stop » ou points d’arrêts sont des emplacements matérialisés uniquement par un panneau. Ils servent à encadrer le covoiturage de courte distance. Localisés sur des axes de passage, leur utilisation ne nécessite aucune inscription au préalable sur une plateforme de covoiturage et le temps d’attente du passager est en moyenne de 10 minutes.

Mais malgré la mise en place de mobiliers urbains, de panneaux signalétiques et d’incitations tarifaires sur les parkings, les aires ou les points d’arrêts restent peu utilisés. C’est pourquoi, chez ecov, nous cherchons à améliorer l’expérience du covoiturage en perfectionnant le concept des points d’arrêts pour optimiser l’utilisation des sièges libres. 

Mais cette initiative est aussi en cours dans certaines régions, telles que le canton de Berne. En particulier, la commune de Berthoud s’est équipée de colonnes Carlos formant un réseau et permettant à n’importe quel individu de covoiturer. Le passager saisit sa destination (parmi les 19 possibles) sur l’écran adossé à l’une des colonnes, règle le coût de son trajet et imprime un ticket qu’il remettra au conducteur. Tandis qu’au même moment, sa destination s’affiche au sommet de la colonne avertissant ainsi les automobilistes. Si la destination coïncide avec celle d’un automobiliste alors celui-ci s’arrête et le passager peut monter dans le véhicule. Le conducteur est remboursé des frais de transport en remettant le ticket dans un des points de vente du réseau des transports publics ou dans une station-service de la zone.

 

Alors que le covoiturage compte de plus en plus d’adeptes, repenser les aires de covoiturage devient une nécessité. Il ne s’agit plus seulement d’aménager des lieux sécurisés et faciles d’accès, mais aussi des aires attractives et adaptées aux besoins actuelles des populations. Aujourd’hui, de nombreux projets voient le jour dont certains permettent d’associer les aires de covoiturage aux commerces de proximité par exemple. Parmi eux, « Copilo’t » un concept développé par Armel le Sidaner, étudiant à l’Ecole de Design de Nantes, qui a imaginé une « station de covoiturage » située stratégiquement à proximité des commerces et qui proposerait des services comme la réception de colis. Un moyen intelligent de dynamiser l’activité locale et la mobilité collaborative.

 

zoom-sur---loupeZoom sur la mobilité collaborative :

La mobilité collaborative est fondée sur le partage et renouvelle les usages en partageant les véhicules et les sièges libres. Elle suscite de fortes attentes (réduction de l’impact social, amélioration du lien social …) et apporte de nombreuses solutions aux bénéficiaires.