[CDI] Développeur Ruby

[CDI] Développeur Ruby

Développeur ruby

Prise de poste : 

Idéalement dès que possible. 

ecov c’est : 

  • une start-up = équipe resserrée (25 personnes) + débrouillardise & inventivité + label Jeune Entreprise Innovante + engagement à 100%
  • une start-up de l’Économie Sociale et Solidaire = l’objet social de l’entreprise est dédié à faire décoller le covoiturage local dans l’intérêt général + agréée ESUS (on vous laisse chercher).

Mais ecov, ce n’est pas juste une appli de covoiturage local (il y en a des dizaines, pour ça aussi on vous laisse chercher). Non, chez ecov, pour de multiples raisons, on est convaincus que le covoiturage doit trouver sa place dans le système de mobilité, comme les autres moyens de transport. Concrètement, il faut mettre le covoiturage à la rue (enfin, dans la rue). On pense que, la voiture étant la liberté, le covoiturage doit s’appuyer sur cette liberté pour permettre aux conducteurs de participer massivement. De plus, on pense qu’il est vital que ce service soit accessible à tous, connectés et non connectés. On voit également dans l’économie du partage, et le covoiturage en particulier, une solution pour résoudre les contraintes budgétaires et financières des collectivités territoriales.

Bref, au final, chez ecov on déploie des stations de covoiturage connectées, avec leur environnement numérique complet. Les stations de covoiturage, c’est un peu les stations de vélo en libre-service des territoires péri-urbains et ruraux. Les premières stations de covoiturage ont été installées en février 2016, en Ile-de- France, dans le cadre d’un projet expérimental avec plusieurs grandes collectivités territoriales (voir : www.covoitici.fr). D’autres projets, impliquant d’autres innovations, ont vu le jour ou sont en cours de préparation ailleurs en France.

 

Ce que nous recherchons :

Compétences indispensables :

  • Posséder au moins 2 ans d’expérience en tant que développeur Backend
  • Être capable d’écrire du code propre
  • Ne pas avoir peur des tests
  • Être pragmatique (on réfléchit avant de coder)
  • Connaître Ruby (Ruby pur, pas RoR) / Rspec / Postgres / Javascript
  • Connaître un système de messages type RabbitMQ

 

Ce serait un plus : 

  • Avoir déjà travaillé sur une architecture « micro-services »;
  • Avoir déjà travaillé avec du GraphQL
  • Avoir déjà fait du développement mobile cross-plateforme (Cordova, React-native)
  • Connaissances en Puppet et/ou Docker
  • Expérience en développement agile type Scrum

Contrat :

  • CDI
  • Rémunération : selon profil

 

Modalités :

  • Adresse de travail : Maison des start-up d’Icade (2 minutes à pied du métro Front Populaire), avec des conditions de travail très agréables (locaux neufs, spacieux et lumineux, « ambiance start-up », babyfoot, billard & BBQ). Mais le télétravail est négociable.
  • Prise en charge à 50% de l’abonnement transport, et tickets restaurant

 

Comment candidater ?

Envoie nous dès maintenant ton CV et ta lettre de motivation par Flatchr : ici

Dans le covoiturage, le Graal c’est la « rupture de charge » [partie 2]

Dans le covoiturage, le Graal c’est la « rupture de charge » [partie 2]

Dans notre précédent article (ici), nous vous expliquions en quoi la « rupture de charge » est le Graal du covoiturage. Aujourd’hui, nous complétons nos propos en abordant le principe du « porte-à-porte » dans la mobilité.

 

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Zoom sur le « porte-à-porte » 

Le « porte-à-porte » est ce concept, cette idée, d’apporter une solution qui permette de vous emmener de votre pied de porte à celui de votre travail (ou celui de votre médecin, de votre boulanger etc). Dans le monde trendy du « mobility as a service », le porte à porte fait office d’avenir rêvé.

 

Se voyant pousser des ailes grâce au numérique et à l’économie du partage, de nombreux acteurs, petits et gros, se sont précipités sur le covoiturage. Et, comme une évidence, beaucoup ont fait du « porte-à-porte » dans le covoiturage un objectif évident.

Mais le numérique n’a pas encore la puissance de changer les lois mathématiques ou physiques. Il est impossible de faire du porte-à-porte autrement qu’avec un véhicule individuel utilisé individuellement. C’est d’ailleurs là que réside la vraie puissance de la voiture.

Du coup, la seule façon de parvenir à se déplacer en porte-à-porte sans avoir son propre véhicule est d’enchaîner plusieurs modes de déplacement (la « rupture de charge, donc).

 

L’espace et le temps : ces petits rien qui font tout, et que le numérique ne change pas

 

Quand on y pense, c’est évident. Mais, lorsque nous le disons chez ecov, on nous regarde de travers. Alors on tente une petite démonstration simplifiée.

Prenons un territoire fictif, carré, peuplé d’individus répartis au hasard. Pour estimer le potentiel du covoiturage de porte-à-porte, il faut répondre à la question :

 

illustration-destination

 

Évidemment, tout dépend de ce qu’on appelle « même lieu » et « même destination ». Si « même lieu » veut dire +/- 5 km, ce n’est pas pareil que +/- 50 mètres. Pour ce faire, on découpe le territoire en zones, de tailles différentes pour illustrer les différences de précision.

 

cube-flat
Un même territoire découpé en zones de tailles différentes, pour illustrer la précision de la notion de « même lieu ».

 

Ensuite, on calcule la probabilité que les deux agents se trouvent successivement deux fois dans le même carré, selon la taille de ces mêmes carrés.

Le résultat est intuitif. Plus les zones sont petites (c’est-à-dire plus la précision du “porte-à-porte” est grande), moins la probabilité de convergence des lieux des agents est élevée. Mais comment cette probabilité évolue-t-elle ? De manière exponentiellement décroissante en fonction de la taille des zones. En clair : des zones un peu plus petites conduisent à une très forte réduction de la probabilité, laquelle tend très vite vers 0.

 

graphique

 

On a raisonné dans l’espace. Mais il faut introduire le temps. Pour partager un trajet en covoiturage, il faut partir et arriver au même endroit, et le faire en même temps. Pour ce faire, il suffit de faire le même raisonnement avec une dimension supplémentaire (en 3D donc).

 

cube-3d

 

Les possibilités se multiplient, et la probabilité de convergence s’effondre encore.

 

graphique-comparaison

 

Si vous visez du porte-à-porte, vous ne pouvez que rester englué dans la queue de l’exponentielle. La probabilité de pouvoir faire du covoiturage sera alors extrêmement faible si vous visez une trop forte précision de convergence des trajets (à quelques dizaines de minutes et de mètres).

Lorsque l’on parle de faire du covoiturage en porte-à-porte, on court après une chimère : c’est tout simplement impossible. Au mieux, on peut arriver, par chance, à mutualiser quelques trajets de temps en temps dans des conditions spécifiques (par exemple, les zones d’activités, qui concentrent l’espace et le temps). Mais cela ne peut pas être massif au regard de l’ensemble de la mobilité. Et cela ne peut pas l’être, quand bien même tout le monde aurait un smartphone et utiliserait la même plateforme. Croire le contraire revient à croire au Père Noël.

On en revient alors à notre article précédent, où nous vous expliquions en quoi la « rupture de charge » est le Graal du covoiturage (eh oui).

[Stage] Design produit

[Stage] Design produit

[WANTED] Stagiaire design produit

Prise de poste 

La prise de poste est prévue idéalement début mars 2018, pour une durée de 6 mois.

Récapitulatif du poste  

Créée fin 2014, ecov est une start-up de l’économie sociale et solidaire (agréée ESUS) reconnue Jeune Entreprise Innovante. Elle développe des services et produits qui permettent de faciliter, sécuriser et institutionnaliser la pratique du covoiturage de proximité.

L’équipe d’ecov est pluridisciplinaire (développeurs, ingénieurs, chefs de projets, doctorants…). L’essentiel de l’équipe est installé à Paris et nous avons également des bureaux à Lyon.

Nous recherchons un designer produit dans le cadre d’une mission de développement de notre mobilier urbain.

Il sera intégré au pôle Produit d’ecov qui a pour objectif de faire évoluer l’offre d’ecov pour répondre au mieux aux besoins de mobilité au quotidien des usagers. Animé par le Responsable marketing et stratégie produit, ce pôle comprend une équipe aux compétences complémentaires : communication, design, CRM, R&D comportementale, marketing.


Les missions 

  • Analyser l’offre des fournisseurs actuels de mobilier urbain, ainsi que les possibilités de “hacking” des offres
  • Identifier un partenaire industriel pertinent parmi ces fournisseurs
  • Concevoir une sémantique de station qui rassure les passagers et attire l’œil des conducteurs
  • Développer une gamme de mobilier urbain modulable et implantable dans toutes les configurations (station légère, station moyenne, station complète) sur la base des solutions existantes.
  • Valider la faisabilité avec le partenaire industriel et suivre la mise en production.

Ce que nous recherchons 

  • Tu es étudiant en Master Design Produit, Design Industriel, Design Urbain, Ingénierie mécanique
  • Tu as un réel intérêt pour l’économie sociale et solidaire et tu t’intéresses notamment aux problématiques de mobilité (mais tu n’as pas nécessairement d’expérience dans ce domaine)
  • Tu aimes imaginer des concepts et tu sais intégrer les contraintes de production et de coût à tes concepts
  • Tu sais rapidement communiquer visuellement tes idées (sketch) et tu maîtrises les logiciels de 3D et de rendus
  • Tu as participé à des phases d’industrialisation de produit et tu as une expérience de la relation avec des partenaires industriels
  • Tu aimes le travail en équipe, tu es capable de communiquer clairement tes idées et être force de proposition
  • Tu as le sens de l’initiative et tu travailles en autonomie
  • Tu te sens parfaitement à l’aise dans un environnement “test and learn”, où tout doit aller très vite

Avantages 

  • Tu travailleras à la Maison des start-up d’Icade (3 minutes à pied du métro Front Populaire), avec des conditions de travail très agréables (locaux neufs, spacieux et lumineux, « ambiance start-up », babyfoot, billard & BBQ) ou à la Cité de l’Environnement à St-Priest.
  • Équipe jeune et internationale
  • Rémunération : 600 euros par mois
  • Prise en charge à 50% de l’abonnement transport, tickets restaurant
  • Salaire : 600,00€ /mois

Comment candidater

  • Formation(s) exigée(s) : Master
  • Prise de poste : mars 2018, pour une durée de 6 mois
  • Envoie-nous ton CV, ton portfolio et ton top 5 des raisons pour lesquelles tu es la personne qu’il nous faut (format libre) en passant par Flatchr : ici
  • Plus d’infos sur nous : www.ecov.frwww.covoitici.fr

Dans le covoiturage, le graal c’est la « rupture de charge » [partie 1]

Dans le covoiturage, le graal c’est la « rupture de charge » [partie 1]

Quand vous faites du covoiturage sur une longue distance, il ne vous vient pas à l’idée d’attendre un conducteur qui passe en bas de chez vous, Rue du Poitou à Paris, pour vous emmener directement Rue de Provence à Marseille. Vous risqueriez d’attendre longtemps. C’est globalement la même chose pour le covoiturage local : il est illusoire d’attendre un covoiturage qui vous emmènera de Rue du Poitou à Rue du Paradis à Mantes-la-Jolie.

En revanche, vous pourriez avoir l’idée de vous rendre à un endroit clé du réseau routier (par exemple, une porte du périphérique de Paris). Exactement comme quand, pour aller à Marseille, vous retrouvez votre conducteur à une station de métro, une gare de banlieue ou une porte de Paris.

Vous feriez exactement comme vous le faites pour les transports collectifs : vous enchaîneriez un ou plusieurs modes de transport pour atteindre votre objectif. Ou comme le font les auto-stoppeurs : vous allez attraper le flux de véhicule qui vous intéresse.

 

La rupture de charge, ce tue-l’amour pourtant indispensable

 

Le vrai sujet du covoiturage est donc de permettre la « rupture de charge » avec la voiture individuelle.  

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Zoom sur la « rupture de charge » : 

Dans le domaine des transports, la rupture de charge est l’étape durant laquelle des passagers (ou des marchandises) transportés par un premier véhicule sont transférés dans un second. Ce changement peut être immédiat ou non. Les ruptures de charges sont coûteuses, car elles impliquent une perte de temps et des opérations de manutention. Enfin, un organisateur de transport essaiera de les limiter autant que possible.

 

La « rupture de charge », ce terme qui mélange échec amoureux et problème électrique, est tellement lourd qu’il constitue un tue-l’amour à lui tout seul. Il incarne le summum de l’anti-marketing. C’est la bête noire des transporteurs. L’élément pénible pour les usagers. C’est aussi le triomphe des économistes des transports, qui ont montré que perdre du temps (en particulier avec les ruptures de charges), plombe la compétitivité des transports collectifs par rapport à la voiture (impact au moins aussi important que le coût monétaire).

La rupture de charge, c’est LE cauchemar que les constructeurs automobiles sont heureux de ne pas connaître. Et pourtant, ils vont devoir en passer par là ! Le véhicule autonome va les y obliger.

Celui qui arrivera à maîtriser au mieux la rupture de charge (sur tous ses aspects) disposera d’un avantage compétitif considérable. Il pourra offrir un service de mobilité très efficace à coût ultra-compétitif. C’est donc le déterminant de la mobilité réinventée de demain : partagée et autonome.

infographie

 

Mais alors pourquoi le covoiturage réinterroge-t-il le concept de « rupture de charge » et réciproquement ? 

 

Parce que le covoiturage change les ordres de grandeur.  

La « rupture de charge », si elle est honnie en général, fonctionne bien quand l’offre de transport en commun est abondante. Dans les grandes villes, enchaîner RER, métros ou bus est fait quotidiennement et massivement par les usagers. C’est acceptable, car l’offre de mobilité est efficace : un métro toutes les 5 minutes, un bus toutes les 8 minutes, etc. Cela se traduit concrètement par le fait que vous attendez peu, vous marchez peu… Bref, vous perdez peu de temps sur votre parcours. Le coût général (argent + temps) de votre déplacement est acceptable.

A contrario, si vous envisagez les ruptures de charges des transports collectifs dans les zones peu denses, cela devient très vite pénible. L’offre est faible et il est difficile, voire impossible de la combiner de manière correcte.

Le covoiturage utilise les véhicules et trajets existants. Soit un volume d’offres considérable. Si on s’appuie sur les flux de voitures, alors le potentiel de covoiturage ouvre une nouvelle perspective : une fréquence très élevée de transports, similaire à un transport collectif à haute fréquence. Là où vous aviez un bus par heure, vous vous retrouvez avec 60 voitures de l’heure. Dans le cas de cette offre abondante, vous pouvez envisager d’enchaîner plusieurs véhicules.

Si vous pouvez enchaîner plusieurs véhicules, alors vous pouvez vraiment vous déplacer au quotidien. Exactement comme avec les transports collectifs : vous pouvez vous déplacer, bien que ceux-ci ne vous emmènent pas en porte-à-porte. Si la rupture de charge est maîtrisée, alors le covoiturage peut être massifié.

Tout ce raisonnement fonctionne avec le covoiturage dans des véhicules conduits par des conducteurs et a fortiori avec le véhicule autonome.

***

En résumé, la rupture de charge, c’est LE nœud à résoudre pour une mobilité massivement partagée, aujourd’hui et demain. La rupture de charge, c’est le vrai graal du covoiturage. Et le porte-à-porte dans tout cela ? Pas d’inquiétude, on ne l’a pas oublié ! On vous en parle ici.

[Stage] Chargé(e) de mission relations utilisateurs

[Stage] Chargé(e) de mission relations utilisateurs

[WANTED] Chargé(e) de mission relations utilisateurs – stage

Prise de poste : 

Février/mars 2018, pour une durée de 6 mois.

Tes missions

Les relations utilisateurs tiennent une place toute particulière dans une start up innovante s’attaquant à des changements de comportement pour répondre au mieux aux besoins de mobilité au quotidien des usagers. Elles représentent un lien vital pour nous et amènent à échanger avec de nombreux membres de l’équipe. Tu rejoindras cette équipe avec les missions suivantes.

Objectifs :

  • Assurer une excellente expérience utilisateur en fluidifiant l’usage d’un service en plein développement.
  • Transformer chaque interaction avec le service en moment positif et mémorable
  • Maintenir le lien de l’équipe d’ecov avec la réalité de l’utilisation du service et en faire un outil stratégique.
  • Animer et organiser la participation de l’ensemble de l’équipe d’ecov à l’assistance (tu ne seras pas tout seul !) en assurant notamment la formation continue des nouveaux arrivants.
  • Mesurer la satisfaction utilisateur pour en faire un outil de pilotage.

Missions principales :

  • Répondre aux appels des utilisateurs et faire tout le nécessaire pour que chaque utilisateur puisse utiliser le service. Ceci est au coeur du rôle mais représente en pratique un nombre limité d’interventions par jour.
  • Faire des recommandations opérationnelles basées sur l’analyse des retours utilisateurs : évolution du produit, communication, implantation des stations, bugs techniques à résoudre etc.
  • Stocker et utiliser les témoignages positifs comme outil de motivation afin de donner du sens à l’ensemble de l’effort de l’équipe.
  • Analyser, synthétiser et partager la connaissance des utilisateurs.
  • Participer activement à l’élaboration et à la mise en place des outils liés à la relation utilisateurs : CRM, procédure et scripts pour les appels entrants et sortants, questionnaire de satisfaction, enquête terrain etc (en responsabilité directe sur 1 chantier prioritaire).
  • Participer à différents projets : marketing, animation de la communauté
Ce descriptif de poste est non exhaustif et peut être amené à évoluer en fonction de tes compétences et de tes propositions. Tes initiatives seront toujours prises en compte et récompensées.

Ce que nous recherchons :

  • Tu as envie de participer au développement d’un projet en pleine évolution,
  • Tu aimes et tu sais travailler en équipe,
  • Tu vois les solutions dans les problèmes,
  • Tu es doué d’un excellent sens de l’écoute,
  • Tu es très à l’aise pour démarrer une conversation,
  • Tu sais te servir de Word, Excel etc. et la perspective d’utiliser de nouveaux outils te remplit de joie
  • Tu as envie de t’investir pour prendre en charge et mener à bien des projets de A à Z

Avantages :

  • Tu travailleras à la Maison des start-up d’Icade (3 minutes à pied du métro Front Populaire), avec des conditions de travail très agréables (locaux neufs, spacieux et lumineux, « ambiance start-up », babyfoot, billard & BBQ).
  • rémunération : 600€/mois + prise en charge à 50% de l’abonnement transport
  • stage de pré-embauche 

Comment candidater ?

Envoie nous dès maintenant ton CV et ton top 5 des raisons pour lesquelles tu es la personne qu’il nous faut (format libre). Mail : bienvenue@ecov.fr

Téléchargez la mise à jour des infrastructures

Téléchargez la mise à jour des infrastructures

Valise au pied, sac sur le dos, ils attendent au bord du carrefour. Le bout de trottoir les protège tout juste du flux de voitures qui défilent. Une voiture s’arrête, mais repart. Une autre, s’arrête pour de bon. Enfin, car il faisait froid ! Le conducteur descend vite, stressé, vérifie que ces trois-là sont bien ses compagnons de route : André, Anna et Anatole, c’est ça. Let’s go, on est mal garés, c’est dangereux, les sacs dans le coffre, on grimpe et on redémarre. Si vous avez déjà pratiqué le covoiturage, cette scène ne vous est sûrement pas totalement étrangère.

Un Français a accès à 3 fois plus de routes qu’un Anglais (mesurées en km/hab) : la France dispose d’un réseau routier particulièrement développé et structuré. Par ailleurs, 80% des foyers sont équipés de 2 véhicules ou plus, soit au moins 10 places à disposition de chaque ménage. Enfin, le taux d’occupation des voitures en circulation tourne au tour de 1,2 passagers/véhicule. Ce ne sont pas les capacités qui manquent.

L’enjeu de notre époque n’est plus de construire l’infrastructure routière, mais de l’utiliser mieux. Il n’est pas de démocratiser l’accès à la voiture, mais d’optimiser son usage. Le Conseil d’Orientation des Infrastructures pourrait se concentrer sur ce seul objectif : un programme de « mise à jour » (ou « upgrade ») des infrastructures.

Quand vous utilisez un logiciel, les mises à jour sont permanentes, et le service évolue en continu, s’améliore sans cesse, en prenant comme base le logiciel initial. Il est temps d’adopter la même stratégie pour les infrastructures, celle de « mises à jour ». Concrètement, ce sont des changements à coûts limités, sans commune mesure avec une nouvelle autoroute ou une ligne TGV. Ce sont des modifications qui peuvent se faire rapidement, ce qui permet de réduire la fracture temporelle entre la révolution numérique et l’évolution des infrastructures.

Que l’on parle de l’électricité, du gaz ou de la route, tous les réseaux font face aux mêmes enjeux : les consommateurs deviennent producteurs, la production se décentralise et foisonne, et le rôle du réseau change vers plus d’intelligence. C’est évident dans l’électricité : le photovoltaïque transforme chaque foyer en producteur-consommateur. La consommation devient pilotable avec l’effacement, et le réseau joue un rôle d’équilibrage. Le gaz connaît la même dynamique avec les agriculteurs qui produisent du biogaz qu’ils injectent sur le réseau.

Et dans la mobilité ? La révolution du partage permet la coproduction : le covoiturage révèle de nouvelles capacités de transport, partout en France, à tout instant. Comuto, qui a développé Blablacar, a montré qu’il est possible de capter les sièges libres pour les trajets longue distance. Mais le potentiel est encore plus important sur les trajets du quotidien. La France regorge d’initiatives et de pépites dans le secteur.

Hélas, le réseau routier n’a pas été conçu pour permettre le partage : il a été développé pour prendre sa voiture en bas de chez soi, faire un trajet jusque chez le médecin ou la grande surface, bref, se garer à destination. Jamais il n’a été pensé pour vous permettre d’emmener quelqu’un d’autre en passant. Il est structurellement construit pour la voiture solo, contrairement à un réseau de bus ou de train. Personne n’imagine une ligne ferroviaire sans gare, ou une ligne de bus sans arrêt : c’est pourtant aujourd’hui la situation du réseau routier.

Les tuyaux sont construits : l’intelligence se situera aux jonctions. Les nœuds sont les points clés : carrefours, échangeurs, jonctions avec les transports collectifs, parkings… Les intelligences à y mettre sont multiples : des capteurs et du numérique, bien sûr, pour mesurer et optimiser. Mais aussi de l’adaptation de l’infrastructure pour un usage différent. ll y a quinze ans, les notions de « cheminement piéton » et d’aménagements cyclables ont fait leur apparition : il est désormais évident que pour que la marche et le vélo se développent, il faut adapter l’infrastructure pour permettre une pratique sécurisée et agréable. Il en est de même pour les usages partagés : permettre à des passagers d’attendre sereinement leur covoiturage comme ils attendraient un bus doit devenir une évidence. La rencontre est la première étape, mais l’infrastructure est impactée ailleurs : voie réservée au covoiturage, dépose au pied d’un transport collectif… Ce sont de nouveaux parcours correspondants à de nouveaux usages qui se dessinent, lesquels n’apparaîtront pas par l’unique action du Saint-Esprit (fut-il numérique).

Enfin, cette stratégie d’adaptation du réseau routier, pour permettre la rencontre entre passagers et conducteurs, est une clé pour le modèle du véhicule autonome. Celui-ci devra être partagé dans son usage (utiliser le véhicule autonome de la même manière que la voiture aujourd’hui amènerait à un scénario catastrophe en termes d’inefficacité collective). Le véhicule autonome devra être utilisé comme micro-bus de haute qualité : avec par exemple des points de rencontre sur le réseau routier ou encore des correspondances rapides.

Les aires de covoiturage se sont multipliées depuis dix ans, sous la pression d’une pratique sociale. Progressivement, ces parkings relais de covoiturage sont devenus une politique de mobilité. Mais ce n’est que le début, et d’autres formes apparaissent : les premiers « déposes minutes » covoiturage sont en cours de création dans une grande métropole.

Mais il faut accélérer ! Alors que les Etats-Unis disposent déjà de 100 000 km de voies réservées au covoiturage avec des points de rencontre (permettant le « sluging ») ; en France, nous en sommes seulement à envisager d’expérimenter.

Il faut sortir des mythes de l’économie numérique miraculeuse, qui ne coûterait rien. Pour mettre de l’intelligence numérique et physique sur les nœuds du réseau routier, il faut de vrais moyens. De « vrais moyens » qui ne resteront jamais qu’une fraction de ce qu’aurait coûté une nouvelle infrastructure.

Adopter une stratégie de « mise à jour » du réseau routier dès aujourd’hui, c’est préparer le modèle de transport de demain. Il est l’heure d’accélérer !