Aurélien Bigo était l’invité d’Ecov du webinaire “Transition de la mobilité : l’indispensable sobriété”. Actuellement en thèse sur la décarbonation des transports au sein de la chaire energie et prospérité, Aurélien a souligné l’importance de la sobriété dans la transition énergétique. La sobriété, de quoi s’agit-il ? C’est un concept visant la diminution des consommations d’énergies par des changements de modes de vie et des transformations sociétales. Retour sur 3 concepts clés évoqués par Aurélien.

Retrouvez ici le replay du webinaire :

Les facteurs de l’évolution des émissions de gaz à effet de serre des transports depuis 1960

Sur le territoire français les transports représentent 30% des émissions carbone soit la source la plus importante. Depuis 1960, ces émissions sont en forte augmentation, jusqu’à l’atteinte d’un pic en 2000 suivi d’une stagnation.

Variation émissions de CO2 du transport de voyageurs
Variation des émissions de CO2 du transport de voyageurs de 1660 à 2017 – Aurélien Bigo

5 facteurs d’influence de ces émissions :

  • La demande de transport, multipliée par 4,7 sur cette période, en raison de l’augmentation de la population mais également de l’augmentation du nombre de kilomètres parcouru.
  • Le report modal qui désigne le report d’un mode de déplacement vers un autre.
  • Le taux de remplissage des moyens de transport. Celui-ci a augmenté sur le plan des transports en commun et baissé pour ce qui est du véhicule individuel avec en moyenne 1,6 passagers contre 2,3 au début des années 1960.
  • L’efficacité énergétique des véhicules, c’est à dire leur consommation d’énergie, qui a baissé significativement ces dernières années.
  • L’intensité carbone, définie par les unités de CO² émises pour produire l’énergie concernée. Elle est très importante pour le pétrole qui est aujourd’hui l’énergie la plus utilisée.

Comment s’aligner sur la trajectoire de la neutralité carbone ?

La France s’est engagée à adopter la neutralité carbone d’ici 2050. L’objectif est d’atteindre un taux d’émission proche de 0.

En prévision d’une hausse de la demande de transport de 26% d’ici 2050, il est nécessaire de :

  • prévoir une hausse du report modal, permettant une diminution de 8% des émissions
  • augmenter le taux de remplissage des véhicules (train / voiture / avion) pour une baisse des émissions de 11 %
  • améliorer l’efficacité énergétique, notamment grâce aux progrès sur les véhicules thermiques.
  • jouer sur le facteur intensité carbone de l’énergie en développant des énergies alternatives sans émission lors de leur production
Décomposition des émissions de CO2 des transports de passagers
Décomposition des émissions de CO2 des transports de passagers pour le scénario SNBC, 2015-2050 – Aurélien Bigo

En comparaison avec d’autres scénarios, la SNCB mise largement sur des aspects technologiques tels que l’efficacité énergétique ou l’intensité carbone de l’énergie au détriment d’éléments de sobriété tels que la demande de transport, le report modal ou encore le taux de remplissage. Or de nombreux co-bénéfices découlent de cette sobriété : diminution de l’accidentologie, de la dépendance à l’automobile ou la sédentarité.

La vitesse des déplacements

La demande de transport mesurée par le nombre de kilomètres par habitant a été multipliée par 10 depuis 2 siècles. Cependant, force est de constater que les temps de transport restent relativement stables, soit environ 1h par jour. Aujourd’hui, pour un temps de trajet équivalent, les voyageurs vont donc plus loin grâce à l’augmentation de la vitesse qui est en moyenne de 40-50 km/h.

Quand on s’intéresse aux courbes des variables vitesse, demande et émissions, celles-ci sont relativement proches et corrélées.

Evolution de la vitesse moyenne, de la demande et des émissions individuelles de 1960 à 2050
Evolution de la vitesse moyenne, de la demande et des émissions individuelles de 1960 à 2050 – Aurélien Bigo

Une vision actuelle de la Stratégie Nationale Bas Carbone prend en compte dans ses prévisions l’augmentation de la demande de transport. Cependant augmenter la demande a des impacts négatifs importants notamment sur les émissions. Le plus pertinent serait de réinventer un système qui offre plus de proximité dans les déplacements et qui impliquerait un aménagement du territoire en conséquence.

Le covoiturage, à privilégier pour les trajets domicile-travail et dans les territoires peu denses

La technologie a une place importante dans l’optique de décarboner les transports, à défaut du levier de la sobriété, qui pourtant pourrait avoir un impact majeur.

Le covoiturage quotidien est un levier important dans la hausse du taux de remplissage des véhicules. Bien sûr, il est important de limiter le risque d’effet rebond sur un report modal non-souhaité : reprise de la voiture pour des trajets où des bus, métros existent. Pour éviter cela, il est nécessaire de cadrer le covoiturage et de le développer sur les trajets réguliers tels que le domicile-travail et dans les zones peu denses, trajets pour lesquels la majeure partie des usagers sont des autosolistes.

Il semble donc que chez Ecov, nous allions dans la bonne direction ! 😉

Retrouvez les travaux complets d’Aurélien Bigo ici ainsi que le support du webinaire ici.

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