Prospective : le véhicule autonome sera partagé… et public ! (1/2)

hands-free_drivingProjetons-nous dans l’arrivée du véhicule autonome. Imaginons un monde dans lequel les voitures roulent toutes seules. Outre qu’il va chambouler et bousculer tant l’industrie automobile que les transports collectifs, le véhicule autonome pourrait profondément refonder la structure économique de la mobilité. Et nous faisons un pronostic (à contre-courant) : l’action publique va retrouver des couleurs !

 

Un véhicule autonome : ca roule tout seul

L’horizon est incertain (3 ans, 20 ans, 40 ans…), mais la perspective de l’arrivée du véhicule autonome semble acquise. Puisqu’il sera autonome, le véhicule ne sera pas stationné 97% de son temps comme nos voitures actuelles : l’aménagement et l’urbanisation en seront largement impactés, avec une réduction de la place du véhicule dans l’urbanisme (même si cela ne supprimera complètement le besoin de parking réparti sur le territoire, loin s’en faut).

Puisqu’il roulera tout le temps, le véhicule autonome sera doublement partagé. Quel rapport ? me direz-vous. Elémentaire, mon cher Watson.

Partagé en autopartage d’abord : au moins deux modèles sont envisageables. Soit la propriété sera celle d’un ménage et celui-ci aura tout intérêt à le proposer à la location lorsqu’il ne l’utilise pas pour amortir l’investissement (modèle défendu par Tesla). Exactement comme aujourd’hui, avec AirBnB un particulier peut proposer son logement en location quand il ne l’occupe pas, il pourra proposer sa voiture. L’autopartage existe déjà, objecterez-vous : bien sûr. Mais l’autonomie ne peut que faciliter l’autopartage : en permettant au véhicule de venir à la rencontre de son locataire, puis de revenir chez son propriétaire, certains freins à l’autopartage (se donner rendez-vous, se déplacer pour récupérer le véhicule et les clés…) sont levés.

Soit la propriété sera celle d’une entreprise, publique ou privée, qui vendra des trajets (modèle esquissé par Uber). Dans ce cas, le consommateur n’achètera plus une voiture, mais un abonnement pour avoir des trajets en véhicules… exactement comme nous le faisons aujourd’hui pour les transports collectifs. A long terme, personne n’aurait idée d’acheter une voiture pour se déplacer : acheter un trajet suffira.

Partagé en covoiturage ensuite : au-delà de passer d’un utilisateur à un autre, le véhicule autonome permettra de partager un trajet en cours. Que ce soit une entreprise ou des particuliers qui soient propriétaires du véhicule (cf. le point d’avant), les algorithmes vous permettront de commander un trajet, que vous effectuerez seul ou avec d’autres passagers inconnus. Comme aujourd’hui, on prend un bus, un train, un métro…

Certes, des options permettront certainement de refuser d’ouvrir sa portière pour voyager tranquille (tout seul, comme aujourd’hui), mais cela aura un coût car le passager unique devra payer pour les 3 ou 4 places vides qui seraient sinon facturées à des passagers. Sans compter la possibilité de fiscalité écologique puissante, puisque ce choix de solitude induit immédiatement des effets néfastes pour la collectivité, en termes de congestion, de consommation d’énergie etc.

Le transporteur aura tout intérêt à maximiser le taux d’utilisation du véhicule, il y a fort à parier que la tarification sera incitative pour remplir un véhicule.

Bref, au final, les trajets réalisés par les véhicules autonomes seront certainement partagés. Quelle sera la tarification ? Quel sera l’impact pour les territoires ?

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