Optimiser l’usage de la voiture avec un objectif : le partage possible partout, pour tout, pour tous

La transition énergétique dans les transports est déjà amorcée, et sera principalement le fait des mutations liées à la voiture, tant technologiques que dans les usages (voir ici).

Si, comme le montre cette étude de l’IDDRI, l’économie du partage n’est pas forcément une assurance d’un gain environnemental, dans le cas de la voiture et du covoiturage, il n’y a pas photo : c’est bon pour le vaisseau spatial Terre et ses passagers.

Covoiturage sur la longue distance : l’explosion

Le covoiturage a littéralement explosé depuis quelques années, notamment grâce à l’intermédiation permise par certains sites internet, tels que le leader Blablacar (ex-covoiturage.fr, de la société Comuto), qui revendiquait récemment 10 millions d’inscrits. Mais ce covoiturage est largement orienté sur la longue distance : sur Blablacar, la distance moyenne parcourue par trajet est de 330 km. Ce positionnement n’est pas sans inquiéter, par exemple, la SNCF, puisqu’elle y voit un concurrent direct au train. Celle-ci a d’ailleurs (re)lancé son propre site internet de mise en relation pour le covoiturage (rebaptisé iDVROOM). Au risque, si iDVROOM réussit à prendre des parts de marché (au moment ou cet article est écrit, une recherche pour un Paris – Lyon quelques jours plus tard ne donne aucune réponse) à Blablacar, de concurrencer ses propres trains ?

L’enjeu non résolu du partage de proximité

Pour les trajets automobiles de longue distance le covoiturage “cartonne”, mais une bonne partie des enjeux se situe sur les déplacements de proximité. Lamobilité locale est définie1 comme la mobilité dont la distance est inférieure à 80 kms autour du domicile. Et elle représente, tous modes de déplacement confondus (y compris marche et vélos), 70% des kilomètres parcourus par les voyageurs en France2.

Chaque jour ouvré, 177 millions de déplacements locaux sont réalisés, soit une moyenne de 3,2 déplacements par personne3, dont 65% en voiture avec une distance moyenne de 10,3 kms. En termes de distance, la voiture représente 83% des kilomètres parcourus localement un jour ouvré en France, soit un peu plus de 800 millions de véhicules.kilomètres chaque jour localement4, soit à titre d’illustration environ 1000 allers-retours Terre Lune (oui, oui, uniquement pour les déplacements locaux des Français sur une journée !).

Le taux de remplissage des véhicules, pour les trajets de proximité, est particulièrement faible puisqu’il est compris entre 1 et 1,3 passagers/voiture, avec en particulier les trajets domicile-travail pour lesquels ce taux est à peine supérieur à 15.

Depuis une petite décennie, des acteurs publics et privés ont entrepris avec plus ou moins de succès de développer le covoiturage de proximité. Contrairement au covoiturage sur longue distance, celui-ci n’a pas explosé. Mais de nombreuses expérimentations ont été tentées, sources de précieux enseignements. Nous reviendrons plus longuement sur ces initiatives.

Mais à ce stade, nous pouvons conclure que nous sommes obligés de réfléchir autrement, out of the box, comme disent les Anglais. Alors, on commence ensemble ?


  1. Enquête nationale transports déplacements (ENTD) 2008
  2. La mobilité des Français, revue du CGDD sur l’enquête nationale transport, déc. 2010, p. 26
  3. Ibid.
  4. Calculs réalisés à partir des données fournies dans « La mobilité des Français », ibid.
  5. CGDD, ibid., p118

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